Il existe une particularité chez Godard qui est très souvent perçue mais jamais observée. On parle souvent de deux Godard — l'un fragmenté et poétique, l'autre provocateur et révolutionnaire... mais il n'est dans l'existence de l'un que l'essence de l'autre. Finalement, les films les plus poétiques de Godard sont les plus révolutionnaires en matière de politique du cinéma.
Prenons Godard lors de la Nouvelle Vague : À bout de souffle, très brillant, surtout pour un gangster, ne peut supporter la délicatesse crue du Petit Soldat, film beaucoup plus poétique mais tout aussi révolutionnaire. On ne parle pas ici de jump cuts de la guerre d'Algérie ou de 24 images par seconde de la guerre d'Algérie, mais plutôt de la guerre d'Algérie en jump cuts et de la guerre d'Algérie en 24 images par seconde.
Et l'ordre est très important ici, puisqu'il est question de la manière dont le sujet affecte l'objet (la technique), de comment rendre l'invisible visible : les petites émotions en Suisse des grandes guerres en Afrique, là où la caméra se trouve au troisième, au quatrième plan. Et ce n'est pas seulement parce que la photographie est la vérité que la guerre d'Algérie existe, mais c'est aussi l'inverse. La poésie réside dans un cinéma qui existe parce qu'il existe de quoi filmer, découper... Et ainsi, il filmera les gens, visibles, avec une caméra désormais visible, pour atteindre, à la fin, l'invisible. Au fond, nous n'avons pas créé le cinéma pour montrer ce qu'on voit, mais pour voir ce qu'on montre.
Il existe une particularité chez Godard qui est très souvent perçue mais jamais observée. On parle souvent de deux Godard — l'un fragmenté et poétique, l'autre provocateur et révolutionnaire... mais il n'est dans l'existence de l'un que l'essence de l'autre. Finalement, les films les plus poétiques de Godard sont les plus révolutionnaires en matière de politique du cinéma.
Prenons Godard lors de la Nouvelle Vague : À bout de souffle, très brillant, surtout pour un gangster, ne peut supporter la délicatesse crue du Petit Soldat, film beaucoup plus poétique mais tout aussi révolutionnaire. On ne parle pas ici de jump cuts de la guerre d'Algérie ou de 24 images par seconde de la guerre d'Algérie, mais plutôt de la guerre d'Algérie en jump cuts et de la guerre d'Algérie en 24 images par seconde.
Et l'ordre est très important ici, puisqu'il est question de la manière dont le sujet affecte l'objet (la technique), de comment rendre l'invisible visible : les petites émotions en Suisse des grandes guerres en Afrique, là où la caméra se trouve au troisième, au quatrième plan. Et ce n'est pas seulement parce que la photographie est la vérité que la guerre d'Algérie existe, mais c'est aussi l'inverse. La poésie réside dans un cinéma qui existe parce qu'il existe de quoi filmer, découper... Et ainsi, il filmera les gens, visibles, avec une caméra désormais visible, pour atteindre, à la fin, l'invisible. Au fond, nous n'avons pas créé le cinéma pour montrer ce qu'on voit, mais pour voir ce qu'on montre.