En soi, on ne pourrait songer à un cinéma hors du champ et du contre-champ : sujet et objet, deux objets. Monsieur et madame, leur vie. On ne pourrait songer à capturer l’invisible, ou même ce qui n’existe pas. La peur, l’amour, la haine. Et on ne peut songer qu’il existera désormais, pour toujours, des êtres peureux et amoureux : Rossellini, Antonioni. Et qu’ils montrent le champ en tant que contre-champ, pour dévoiler l’entre-champ. Le regard de la femme de Locke — l’amour qu’on voit sur notre écran, regardant son propre écran —, le demandeur qui demande (le reporter), profondément exposé (le colonisateur), son demi-mari.
La question est simple, trop simple, tellement simple ; elle en dit plus sur celui qui la pose que n’importe quelle réponse ne pourra jamais en dire sur celui qui répond. La question est simple : pourquoi le cinéma ? La question d’Antonioni, de son film. La réponse est dans le film, dans le fruit entre le ciel et la terre, dans les barreaux entre la vie et la mort. Dans l’ennui entre les mariés et dans la révolution entre les classes. Champ : le Président. On voit les communistes et leurs armes. Contre-champ : leurs armes. Entre-champ : la lutte.
Voici l’histoire du demi-mari de la demi-vérité enregistrée dans Profession : reporter. Demi fait de mi-amour, mais aussi de mi-personne, de mi-mensonges. Des mensonges qui ne sont ni champ ni contre-champ, qui sont cette route vide, pleine d’arbres, que Locke demande à son amante de regarder. La route en soi n’est rien, mais dans le cinéma moderne, elle est ce qu’il y a, ce qui compte. Le mouvement des bagnoles, le frisson des pneus, ou peut-être le frisson de la pellicule, de l’amour.
L’invisible se fait entendre.
En soi, on ne pourrait songer à un cinéma hors du champ et du contre-champ : sujet et objet, deux objets. Monsieur et madame, leur vie. On ne pourrait songer à capturer l’invisible, ou même ce qui n’existe pas. La peur, l’amour, la haine. Et on ne peut songer qu’il existera désormais, pour toujours, des êtres peureux et amoureux : Rossellini, Antonioni. Et qu’ils montrent le champ en tant que contre-champ, pour dévoiler l’entre-champ. Le regard de la femme de Locke — l’amour qu’on voit sur notre écran, regardant son propre écran —, le demandeur qui demande (le reporter), profondément exposé (le colonisateur), son demi-mari.
La question est simple, trop simple, tellement simple ; elle en dit plus sur celui qui la pose que n’importe quelle réponse ne pourra jamais en dire sur celui qui répond. La question est simple : pourquoi le cinéma ? La question d’Antonioni, de son film. La réponse est dans le film, dans le fruit entre le ciel et la terre, dans les barreaux entre la vie et la mort. Dans l’ennui entre les mariés et dans la révolution entre les classes. Champ : le Président. On voit les communistes et leurs armes. Contre-champ : leurs armes. Entre-champ : la lutte.
Voici l’histoire du demi-mari de la demi-vérité enregistrée dans Profession : reporter. Demi fait de mi-amour, mais aussi de mi-personne, de mi-mensonges. Des mensonges qui ne sont ni champ ni contre-champ, qui sont cette route vide, pleine d’arbres, que Locke demande à son amante de regarder. La route en soi n’est rien, mais dans le cinéma moderne, elle est ce qu’il y a, ce qui compte. Le mouvement des bagnoles, le frisson des pneus, ou peut-être le frisson de la pellicule, de l’amour.
L’invisible se fait entendre.