Quelques citations tirées du mémoire “Le consentement” de Vanessa Springora://
“Notre amour est interdit. Réprouvé par les honnêtes gens. Je le sais, car il ne cesse de me le répéter. Je ne peux donc en parler à personne. Il faut faire attention. Mais pourquoi ? Pourquoi puisque je l’aime et qu’il m’aime lui aussi ?”
“Non, cet homme n’était pas animé que des meilleurs sentiments. Cet homme n’était pas bon. Il était bien ce qu’on apprend à redouter dès l’enfance : un ogre.
Notre amour était un rêve si puissant que rien, pas un seul des maigres avertissements de mon entourage, n’avait suffi à m’en réveiller. C’était le plus pervers des cauchemars. C’était une violence sans nom.”
“G. m’assène tous les jours le même credo :
— Tu es folle, tu ne sais pas profiter du moment présent, comme toutes les femmes d’ailleurs. Aucune femme n’est capable de savourer l’instant présent, c’est dans vos gènes, on dirait. Vous êtes des insatisfaites chroniques, toujours prisonnières de votre hystérie.”
“Si les relations sexuelles entre un adulte et un mineur de moins de quinze ans sont illégales, pourquoi cette tolérance quand elles sont le fait du représentant d’une élite – photographe, écrivain, cinéaste, peintre ? Il faut croire que l’artiste appartient à une caste à part, qu’il est un être aux vertus supérieures auquel nous offrons un mandat de toute-puissance, sans autre contrepartie que la production d’une œuvre originale et subversive, une sorte d’aristocrate détenteur de privilèges exceptionnels devant lequel notre jugement, dans un état de sidération aveugle, doit s’effacer […] En dehors des artistes, il n’y a guère que chez les prêtres qu’on ait assisté à une telle impunité.
La littérature excuse-t-elle tout?”
Quelques citations tirées du mémoire “Le consentement” de Vanessa Springora://
“Notre amour est interdit. Réprouvé par les honnêtes gens. Je le sais, car il ne cesse de me le répéter. Je ne peux donc en parler à personne. Il faut faire attention. Mais pourquoi ? Pourquoi puisque je l’aime et qu’il m’aime lui aussi ?”
“Non, cet homme n’était pas animé que des meilleurs sentiments. Cet homme n’était pas bon. Il était bien ce qu’on apprend à redouter dès l’enfance : un ogre.
Notre amour était un rêve si puissant que rien, pas un seul des maigres avertissements de mon entourage, n’avait suffi à m’en réveiller. C’était le plus pervers des cauchemars. C’était une violence sans nom.”
“G. m’assène tous les jours le même credo :
— Tu es folle, tu ne sais pas profiter du moment présent, comme toutes les femmes d’ailleurs. Aucune femme n’est capable de savourer l’instant présent, c’est dans vos gènes, on dirait. Vous êtes des insatisfaites chroniques, toujours prisonnières de votre hystérie.”
“Si les relations sexuelles entre un adulte et un mineur de moins de quinze ans sont illégales, pourquoi cette tolérance quand elles sont le fait du représentant d’une élite – photographe, écrivain, cinéaste, peintre ? Il faut croire que l’artiste appartient à une caste à part, qu’il est un être aux vertus supérieures auquel nous offrons un mandat de toute-puissance, sans autre contrepartie que la production d’une œuvre originale et subversive, une sorte d’aristocrate détenteur de privilèges exceptionnels devant lequel notre jugement, dans un état de sidération aveugle, doit s’effacer […] En dehors des artistes, il n’y a guère que chez les prêtres qu’on ait assisté à une telle impunité.
La littérature excuse-t-elle tout?”