"De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou."
Michel Foucaul
Encore un film de Depardon que j’apprécie beaucoup ! Avec pudeur, il nous ouvre les portes d’un espace rarement montré : l’"audience" devant un juge qui fait suite à un enfermement psychiatrique sans consentement.
J’étais tiraillé entre de l’empathie et une réelle proximité avec les patients, mais aussi une forme de stupeur face à la brutalité et la réalité de certaines situations. J’ai particulièrement apprécié les « moments de pause » entre deux audiences, afin de digérer et faire la transition avec la prochaine entrevue.
Ce film met en évidence la collaboration étroite — limite fusionnelle — entre le système judiciaire (avocats, juges) et le système psychiatrique. On y perçoit une violence symbolique : usage d’un langage technique/savant par la juge, infantilisation du patient, dépossession de sa parole… Ce rapport d’autorité révèle un système souvent déshumanisé, plus préoccupé par le contrôle que par l’accompagnement, et qui laisse les patients dans une incertitude - que même la prison n’a pas - quant à leur sorties. Le rôle du juge et de l’avocat, "censé" incarner un contre-pouvoir, apparaît limité : il ne contredit jamais l’avis du/des médecins, donnant le sentiment que l’issue est souvent jouée d’avance.
Cefilm soulève -de manière plus ou moins subtile- une réflexion plus large sur la manière dont la psychiatrie institutionnelle traite certaines souffrances. Les causes sociales de troubles comme le burn-out ou la dépression sont souvent minimisées, externalisées, pour être ramenées à une problématique individuelle et psychologique, comme si la situation n’était pas liée aux conditions d’existence de ces patients.
"De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou."
Michel Foucaul
Encore un film de Depardon que j’apprécie beaucoup ! Avec pudeur, il nous ouvre les portes d’un espace rarement montré : l’"audience" devant un juge qui fait suite à un enfermement psychiatrique sans consentement.
J’étais tiraillé entre de l’empathie et une réelle proximité avec les patients, mais aussi une forme de stupeur face à la brutalité et la réalité de certaines situations. J’ai particulièrement apprécié les « moments de pause » entre deux audiences, afin de digérer et faire la transition avec la prochaine entrevue.
Ce film met en évidence la collaboration étroite — limite fusionnelle — entre le système judiciaire (avocats, juges) et le système psychiatrique. On y perçoit une violence symbolique : usage d’un langage technique/savant par la juge, infantilisation du patient, dépossession de sa parole… Ce rapport d’autorité révèle un système souvent déshumanisé, plus préoccupé par le contrôle que par l’accompagnement, et qui laisse les patients dans une incertitude - que même la prison n’a pas - quant à leur sorties. Le rôle du juge et de l’avocat, "censé" incarner un contre-pouvoir, apparaît limité : il ne contredit jamais l’avis du/des médecins, donnant le sentiment que l’issue est souvent jouée d’avance.
Cefilm soulève -de manière plus ou moins subtile- une réflexion plus large sur la manière dont la psychiatrie institutionnelle traite certaines souffrances. Les causes sociales de troubles comme le burn-out ou la dépression sont souvent minimisées, externalisées, pour être ramenées à une problématique individuelle et psychologique, comme si la situation n’était pas liée aux conditions d’existence de ces patients.